juin 2015
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Chorégraphier c’est sculpter l’atmosphère ; écrire l’espace entre les corps comme une matière, creuser l’air de nos présences, de nos mouvements, de nos densités variables. La chorégraphie opère en médiateur d’entre-les-mondes. Elle fait passer d’un langage à l’autre, d’un milieu à l’autre, d’une réalité à l’autre. Elle fait se rencontrer les corps, s’entrechoquer les présences.
Le mot « chorégraphie », à lui seul, met en friction les multiples dimensions de l’écriture - en tant que geste, signe et composition - avec les multiples dimensions de la choré – en tant que corps, chœur et khorâ, l’espace du rien, du néant.
Qu’il s’agisse d’une performance, d’une installation ou d’un livre, je les imagine sans hiérarchie. Ils sont tous des corps dansants dont les propriétés physiques se donnent à chorégraphier et à contempler, chaque fois, de manière spécifique.
Je conçois mon travail par constellation. Chaque création dialogue et gravite entre et autour de concepts qui se font écho. Chaque projet est une unité autant qu’une partie d’un ensemble plus vaste. Des formes imbriquées dans d’autres formes. Des mondes dans des mondes. Ils s’emboîtent comme des poupées russes.
Le corps humain, médium chorégraphique, interagit avec les corps non-humains pour transformer une substance, en écriture, en son, en danse, en souffle, en présence, en voix, en lumière. Le corps non-humain, outil, instrument, objet, agit en médiateur, en traducteur, entre invisible et visible, entre mutation et permanence, entre immatériel et matériel.

Maïte Álvarez (FR/ES) est une chorégraphe et artiste visuelle qui vit et travaille à Bruxelles. Titulaire d’un master en design graphique de la Haute École des Arts du Rhin-École Supérieure des arts Décoratifs de Strasbourg (2012) et d’un master en arts performatifs et chorégraphiques de l’Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles (ISAC, 2018), ses créations explorent la porosité des correspondances entre danse et écriture dans la chorégraphie.
À travers ces questions elle présente plusieurs expositions personnelles ; Paraboles Chorégraphiques, au FRAC Grand Large en 2014 puis au Centre Chorégraphique National d’Orléans en 2016 et Atlas de Nuit au FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2020. Dans cette dernière exposition, ses œuvres STELLA (prix 2018 de la ville de Bruxelles), les Sismographies (2015-2020) et être ciel (création en cours) soutenue par Charleroi danse - Centre Chorégraphique de Wallonie-Bruxelles, sont présentées autant comme installations que comme performances vivantes.
Parallèlement à son travail personnel, Maïte Álvarez commence à collaborer avec des artistes tels que le duo Simone Basani et Alice Ciresola, pour qui elle se produit à Venise (2018) et à Bruxelles (2019), puis pour qui elle crée et performe La collectionneuse à Bruges (2021) dans le cadre du projet JEANNE. Or the Western Touch présentée par KAAP. En 2020-2021, elle est également invitée à collaborer avec le chorégraphe italien Manfredi Perego dans le cadre du programme de résidence Motori di Ricerca en Belgique puis en Italie, où ils développent le projet chorégraphique Terra incognita avec le Balletto Teatro di Torino.