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Le cantique des météores

[Création en cours] — Performance / Édition — Conception, création, performance : Maïte Álvarez — Collaboration musicale : Michel Nyarwaya — Photographie : Mira Matthew

La nuit tombe, habitée par le chant des insectes nocturnes. Guidé par ma présence et ma voix, le public est invité à pénétrer dans un espace-temps qui semble étiré, éternel, épaissi. Il s’agit du temps de l’intériorité, celui des météores.

Les yeux se ferment, un voyage intrachorégraphique commence ici. Il s’agit d’une épopée qui se déploie sous la forme d’une expérience hypnotique, individuelle et collective. Les météores sont imaginé·es comme des êtres dont les mouvements peuplent le ciel de notre intériorité. Ces phénomènes célestes autrefois lus dans le ciel comme des présages, ici sont la multiplicité des voix — des présences, des deuils et des forces — qui nous cultivent.

Le cantique des météores naît du désir de manifester, par le chant, une forme de chorégraphie spéculative intérieure : celle des phénomènes qui nous traversent et qui façonnent le corps couche après couche — os, organes, muscles, peau. J’appelle ce processus une agriculture du corps, où le chant devient l’agent agricole de notre corps envisagé comme terre, terreau et territoire.

Construit comme une traversée poétique, Le cantique des météores explore les mutations du langage et des corps dans un monde en transition. Entre incantation et récit, il convoque des paysages imaginaires où la mémoire et l’intuition ouvrent des brèches vers d’autres manières de percevoir et d’habiter le monde. La voix s’y déploie comme les lignes d’un paysage semi-fictif, convoquant des danses et des forces de vie invisibles.

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Être Ciel

Dispositif chorégraphique intéractif — 50 min — 2022 — Concept & création : Maïte Álvarez — Cocréation & performance : Elena Carvajal, Estelle Czernichowski, Sophie Farza, Sarah Grandjean, Juliette Otter, Leen Van Dommelen — Développement sonore : Romain Fougeyrollas — Développement digital : Julien Cheyrezy

être ciel est un dispositif in situ et interactif où spectateurs et danseuses sont appelés à évoluer simultanément pour composer un paysage chorégraphique commun. Pendant toute la durée du crépuscule, êtres humains et chants d’oiseaux ouvrent un enchâssement de récits qui cohabitent et migrent à travers des imaginaires multiples.

Au coucher du soleil, les spectateurs sont invités à activer un dispositif sonore en se connectant sur une plateforme internet où ils mettent en lecture et spatialisent des chants d’oiseaux. Leurs téléphones, agissant en petits haut-parleurs multipoints, construisent un paysage sonore polyphonique dans lequel les oiseaux semblent cohabiter, comme cela pourrait se faire à l’état naturel. Appelés par les chants, les corps des danseuses apparaissent progressivement parmi le public, déployant un chœur de gestes qui se répètent, dialoguent et migrent de corps en corps. Ils forment une danse-langage interspécifique, s’envolant par instants en un unique corps commun. Une rencontre poreuse s’opère entre les corps observateurs et les corps dansants engagés par le dispositif sonore médian, duquel surgit le paysage fictionnel et ascensionnel qui nous immerge jusqu’à la nuit.

être ciel peut être considérée comme une expérience transversale, poétique et politique, de notre relation à l’environnement. Elle ouvre des fenêtres d’imagination, d’espoir et de réflexion, par lesquelles nous posons les conditions d’un écosystème et d’une écologie propres aux champs de la chorégraphie et de la performance.

Stella

Performance — 25 min — 2018 — Concept & création : Maïte Álvarez — Avec : Maïte Álvarez, Marion Gassin, Victor Schmid-Guezennec

À la recherche des formes archaïques, des premiers gestes et langages, c’est notre aptitude à créer des mondes de pensée qui est questionnée ici. Des fragments de mémoires émergent à la lecture d’un temps et d’un espace suspendus, entre, où l’écriture devient synesthésique. Musique, danse et graphisme migrent dans la géographie du corps lui-même, qui assimile, archive et transcende les mémoires dans un mouvement spiral.

STELLA met en scène trois performeurs ; une danseuse, un musicien et une performeuse, autour d’une partition graphique qui prend le cercle pour motif principal. Le cercle, une figure archétypale qui remonte le temps et la géographie, de l’Espagne à l’Inde en passant par l’Égypte, en puisant dans les racines de pratiques artistiques ancestrales. La pièce, composée comme une spirale ascensionnelle imite, en quelque sorte, la naissance du monde (du néant à la vie ornementale), en utilisant les codes de mise en page graphiques pour générer une partition où figures, souffles, mouvements, sons et textes se mélangent pour former des corps hybrides et inédits.

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SISMOGRAPHIES VARIABLES

Installation performance — 2015-2018 — Concept & chorégraphie : Maïte Álvarez — Machines originales : Marisol Godard Lopera (Dessins Variables, Strasbourg 2013) — Développement : Maïte Álvarez — Performances précédentes : Maïte Álvarez, Camille Dejean, Leen Van Dommelen

Qu’est-ce qu’une image, sinon peut-être un mouvement ralenti à son extrême, jusqu’à se fossiliser dans la matière du papier ?

Les sismographies mettent en parallèle le corps humain et le corps géologique, le temps humain et le temps d’une pierre ou d’une image. Un temps presque immobile qui se révèle dans la fragilité du corps qui trace, par ou malgré lui, les variations sismiques de ses gestes variables. Un mouvement presque immobile à nos yeux et qui pourtant se révèle sur la surface du papier à mesure que le temps passe.

Chaque performeur est relié par des ficelles à une machine à dessiner suspendue au mur grâce à un système de poulies. Le changement de plan qui s’opère entre la surface du sol où évolue le performeur et la surface du mur où l’outil graphique trace, créé un décalage entre le mouvement perçu et sa traduction archivée. Dessin et mouvement deviennent les anamorphoses l’un de l’autre. Les gestes génèrent le dessin autant que les contraintes du dispositif génèrent les gestes.

Saturation

Performance — 30 min — Animations sur MAX/MSP — Texte, narration et chorégraphie : Alan Payon, Frédéric Touchard — Alain Blesing — Dunkerque, 2014

Saturation est l’œuvre non achevée de quatre artistes en résidence qui décident d’unir leurs pratiques pour inventer une nouvelle forme, mouvante et performative, autour du texte, du corps, du graphisme et de la musique improvisée. Comment nait le désir de créer, coûte que coûte, l’enjeu et la matière à partir de cette rencontre fortuite ?

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